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22 décembre 2007 6 22 /12 /décembre /2007 11:45
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20 décembre 2007 4 20 /12 /décembre /2007 22:24

images-copie-2.jpgRancière, le maître ignorant.

Mon métier, ce dont je retire ma subs(is)tance, c'est prof. 
C'était pas gagné au départ.

Qui dit prof dit pédagogie. 
En matière de pédagogie je n'avais pas de formation ni de référence. Juste une certaine appréhension face à certains fossoyeurs sociologues (pléonasme) de l'idee pédagogie.

Depuis Rancière, je comprends mieux ce que j'essaye de faire. Cela m'aide.

Je  vous invite à mettre vos pas de Jacotot
Je vous nivite à lire le maître ignorant. 
Et je vous donne un avant goût de Rancière 
"L’égalité se joue dans un rapport effectif entre des individus. Or, ce rapport est toujours décalé par rapport à toute programmation sociale, par rapport à tout système. Cela relève plus de la décision individuelle : partir de l’inégalité ou de l’égalité."

et puis je vous donne son
interview en entier... :

Nouveaux Regards : Comment avez-vous rencontré Jacotot ? Quelles réactions a suscité la parution de l’ouvrage en 1987 ?

Jacques Rancière : Dans les années 1970, je travaillais sur l’émancipation ouvrière au XIXe siècle. Le nom de Jacotot apparaissait dans les textes que j’étudiais. Des ouvriers envoyaient leurs enfants chez Jacotot, certains d’entre eux devenaient eux-mêmes des professeurs jacotistes improvisés. Ma réflexion s’est alors orientée sur le lien entre l’idée d’émancipation ouvrière et l’émancipation intellectuelle dont il était l’apôtre. Ses textes n’avaient pas été réédités depuis les années 1840. Il me fallait faire passer dans notre présent l’actualité intempestive qu’il avait eu dans un contexte intellectuel et politique très éloigné. J’ai donc écrit comme un disciple intemporel de Jacotot qui aurait fait le chemin des années 1830 aux années 1980.

A sa sortie, Le Maître ignorant a été lu mais pas forcément par des enseignants s’intéressant à la question de la pédagogie. A l’époque le discours était polarisé entre d’un côté Bourdieu, la sociologie de l’éducation, la transformation de l’école à partir des conditions sociales, et de l’autre côté Milner, l’enseignement républicain et l’égalité par la diffusion des savoirs. Le livre a été écrit pour sortir de cette configuration ; c’est ce qui précisément a fait qu’il n’a pas été reçu par ce public. Les lecteurs semblent avoir été avant tout des personnes tourmentées par la question de l’égalité intellectuelle. Il n’a pas généré véritablement de débats, mais plutôt des réflexions dans des lieux extrêmement différents, notamment chez les artistes. Mais la traduction portugaise est malgré tout arrivée dans les mains d’éducateurs dans les favelas du Brésil. Le style de Jacotot - et peut-être le mien - expliquent aussi cette réception : c’est un ouvrage qui s’adresse à des individus, non aux acteurs institutionnalisés d’un « débat de société ».

NR : En quoi consiste l’expérience de Jacotot ?

JR : Jacotot est en 1818 un professeur français émigré aux Pays-Bas. Ses étudiants hollandais veulent apprendre le français, mais lui ne connaît pas le hollandais. Il ne dispose que d'une version bilingue du Télémaque de Fénelon et se résout à leur demander d'apprendre le français en s'aidant de la traduction. Au bout d'un certain temps, il leur demande de raconter en français ce qu'ils pensent de ce qu'ils ont lu. Il s'attend à une catastrophe. Or, il est très surpris par la qualité de leurs travaux et tire de l’expérience deux leçons essentielles. La première est celle de la dissociation entre la volonté du maître et l’exercice de l’intelligence de l’élève. Si ces étudiants hollandais ont compris le fonctionnement des phrases françaises uniquement en lisant des phrases françaises, cela signifie qu'ils n'ont pas eu besoin des explications du maître pour comprendre quelque chose. L’égalité des intelligences veut d’abord dire ceci : il y a une autonomie absolument irréductible du travail d’une intelligence que l’on peut mettre en évidence par cette expérience de hasard qui a séparé complètement l’exercice du maître de l’exercice de l’élève. L’idéologie pédagogique normale est de croire que l’élève apprend ce que le maître lui enseigne. L’expérience de Jacotot permet, elle, de penser que le processus d’apprentissage n’est pas un processus de remplacement de l’ignorance de l’élève par le savoir du maître, mais de développement du savoir de l’élève lui-même. Il y a d’abord un travail autonome de l’intelligence, et ce travail va de savoir à savoir et non d’ignorance à savoir. L’égalité des intelligences qu’il professera à partir de là veut d’abord dire ceci : pour que l’apprentissage soit possible, il faut que l’intelligence employée par l’élève soit la même que celle du maître, la même que celle de Fénelon, du traducteur, du typographe, etc.

La deuxième leçon est que l’on peut partir de n’importe où. La règle pédagogique normale veut que l’on parte du « commencement ». Elle suppose qu’il y a deux sortes d’intelligence : celle des ignorants, qui va au hasard, par rapprochement et chance, et celle du maître et des savants qui procède méthodiquement, du plus simple au plus complexe. Cela suppose l’écart d’un langage à un métalangage : il faut traduire les mots de l’écrivain dans un autre langage pour que l’élève arrive à les maîtriser. A l’inverse, Jacotot pose qu’il n’y a pas de différence entre des types d’intelligences. Tous les actes intellectuels s’opèrent de la même façon. Et n’importe quelle intelligence est capable d’effectuer le trajet à partir d’un point quelconque.

L'expérience de Jacotot vérifie donc deux principes : là où on localise l’ignorance, il y a toujours déjà en fait un savoir, et c’est la même intelligence qui est à l’œuvre dans tous les apprentissages intellectuels. Jacotot entrait ainsi en rupture avec le mouvement général de son temps. Sa découverte de l’ « Émancipation intellectuelle » survient après 1815, au moment où l’on se préoccupe de réordonner la société après le grand choc révolutionnaire. On cherche à promouvoir un progrès ordonné basé sur une hiérarchie des formes d’éducation afin d’organiser une société moderne pacifiée. C’est là la grande idée du moment. Passé l’âge critique, on entre dans l’âge organique. La cohésion de la société moderne impose que les inégalités soient un peu réduites, qu’existe un minimum de communauté entre ceux qui sont au sommet de la hiérarchie et ceux qui sont en bas. C’est l’éducation qui est supposée mettre chacun à sa place tout en assurant un minimum de partage des savoirs et des valeurs. Les gens du peuple doivent avoir quelques bases pour progresser dans leur métier et participer aux valeurs communes de la société. En 1833, la loi Guizot sur l’instruction primaire est le premier jalon de ce processus soutenu par une intense littérature. Dans ce contexte, Jacotot intervient absolument à contre-courant. Selon lui, tout cela n’est qu’une machine d’abrutissement : la loi du progrès et l’éducation progressiste sont précisément le contraire de l’émancipation intellectuelle.

NR : Jacotot pose-t-il un antagonisme entre la formation d'un sujet autonome et celle d'un citoyen ?

JR: Il n’oppose pas  le sujet au citoyen, mais une méthode de l’égalité à une méthode de l’inégalité. L’idée de la « réduction des inégalités » commence à s’imposer à son époque. Elle conduit à établir une homologie entre le modèle pédagogique et le modèle social. Or pour Jacotot, l’idée que l’on va élever le peuple par l’éducation implique  un processus d’éternisation de l’inégalité. Si l’on pense que l’égalité adviendra comme le résultat des efforts pour réduire les inégalités, les « réducteurs » d’inégalité maintiendront toujours leur privilège sous couvert de le supprimer. Il faut partir de l’égalité de fait qui est nécessaire pour que le rapport inégalitaire lui-même fonctionne : il faut déjà que l’élève comprenne les mots du maître pour que celui-ci puisse lui enseigner. Dans l’intrication des deux relations – égalitaire et inégalitaire – la question est de savoir lequel sert de principe : le rapport de l’ignorant au savant ou celui de deux intelligences qui veulent se comprendre. Si c’est le rapport inégalitaire qui commande au rapport égalitaire, il se reproduira éternellement. L’émancipation implique, elle, de partir de l’idée de la capacité de n’importe qui. Peu importe ce qu’il apprend, l’essentiel est la révélation de cette capacité à elle-même. Le reste dépend de lui. Cette idée s’oppose de front à l’idéologie progressiste.

NR : Cette méthode ne vise pas l’émancipation sociale et pourtant Jacotot l’appelle « méthode des pauvres »…

JR : C’est la méthode de ceux à qui on a dénié non seulement les moyens mais surtout les capacités de savoir. Mais elle n’oppose pas l’individu à la société. Elle renverse le sens  du « connais-toi toi-même » qui lie l’un à l’autre. Le vieil adage grec signifie en fait « reste à ta place ». Le « connais-toi toi-même » de Jacotot, signifie, lui : connais-toi non comme un inférieur ni un supérieur, mais comme un être égal à n’importe quel autre. Ce qui s’oppose, ce sont donc deux types de communauté. Soit on part de l’idée que la société est fondée sur un certain ordre où chacun est à sa place, où les inégalités sont rationalisées en différences des places et des fonctions. Soit on part d’une société, certes virtuelle, mais impliquée dans chaque acte de parole, où n’importe qui peut ce que peut n’importe qui. C’est alors l’adresse d’un individu à un autre qui compte et non la capacité qu’un individu a de donner ou de recevoir du savoir.

Jacotot pense que la rationalité sociale est une rationalité hiérarchique. Un système d’instruction publique, ne peut être qu’un instrument de cette hiérarchie. Un système d’éducation est toujours une manière de rationaliser un ordre social. Aujourd’hui encore, toute réforme de l’éducation est une réforme de la manière dont l’ordre social se représente sa propre rationalité. Il s’agit de faire jouer au sein même de la société régie par cet ordre inégalitaire une autre communauté entre individus. Cette communauté n’est pas utopique, mais plutôt implicite, présupposée. Pour que l’inégalité fonctionne, il faut que l’inférieur comprenne le supérieur, il faut donc qu’il y ait déjà de l’égalité. Par conséquent, on peut toujours actualiser dans les relations sociales cette égalité sous-jacente. Jacotot n’est pas un utopiste, il ne promet rien. Il ne considère pas qu’il puisse exister un système social fonctionnant mieux qu’un autre. Pour lui, le système social est une sorte de mécanique, à l’image de l’attraction terrestre, qu’il est vain de vouloir transformer, améliorer. Il dit simplement que chacun a deux manières d’envisager son rapport aux autres et au savoir. Ce qui revient à affirmer la possibilité d’une communauté d’hommes égaux à l’intérieur d’une société inégale. C’est cela sa position provocatrice.

NR : Quel est alors l'objectif de la "méthode Jacotot" ?

JR : Ce n’est pas une méthode d’enseignement. Il n’a jamais fait de programme d'instruction, même s’il a enseigné plusieurs disciplines. Il n'a jamais voulu se transformer en chef d’institution scolaire. Pour lui, l’important n’est pas d’établir un programme scolaire mais de mettre une intelligence en possession de son propre pouvoir.

On peut partir du Télémaque, d’un texte de prière, etc., mais le principe consiste en une méthode, si méthode il y a, d’exhaustion. On est devant un livre, un texte, comme devant une chose étrangère que l’on peut et doit entièrement s’approprier. D’où la référence à la méthode par laquelle l’enfant s’approprie sa langue maternelle ; en procédant par association de ce qu’il sait à ce qu’il ignore, sans recourir à des explications.

Son idée est orientée vers une fin unique : la révélation d’une capacité intellectuelle. Son enseignement ne vise pas l'apprentissage d’une discipline quelle qu’elle soit. D’où une méthode qui s’arrête sur chaque lettre, chaque mot, chaque phrase, chaque idée. Si on possède bien vingt ou cinquante pages d’un livre quelconque, et si l'on peut en rendre compte avec ses expressions elles-mêmes, on est capable de n’importe quel autre apprentissage. C’est un défi, une provocation, mais aussi quelque chose qu’on vérifie tout le temps. On s’est formé essentiellement à partir des choses que l’on a déchiffrées soi-même, difficilement, laborieusement. La méthode c’est celle de l’aventure. Il faut trouver le chemin. Ce n’est pas la « méthode active », où le maître organise le parcours d’obstacles. Il s’agit de mettre la personne en situation de se servir de sa propre intelligence, non pour arriver au but mais pour se frayer un chemin.

NR : En ce sens, l'utilisation du Télémaque, récit de voyage, est un heureux hasard. 

JR : Oui, mais notons qu’au voyage programmé se substitue un voyage aléatoire. 

NR : Pour Jacotot apprendre, c'est avant tout traduire. 

JR : C’est l’idée qu’il n’y a pas de niveaux où l’on passerait d’une langue à une métalangue. L’appropriation d’un savoir est toujours un mécanisme de traduction. La traduction renvoie à l’idée d’égalité puisqu’elle fait correspondre une aventure intellectuelle à une autre aventure intellectuelle.

NR : Mais comment susciter le désir d'une telle aventure, y compris pour une institution scolaire ?

JR : Ce problème pour Jacotot ne se pose pas sous la forme habituelle : comment motiver celui qui n’est pas motivé, comment l’enfant, l’ignorant va-t-il apprendre quand il n’en voit pas l’intérêt ? Jacotot va au cœur même de cette expression : « ne pas en voir l’intérêt ». Ce qui est en jeu ce n’est pas tant une paresse ou une réticence, mais une structuration symbolique du monde. Parce qu'au fond qu'est-ce que c'est que vouloir ? C’est se reconnaître membre d’un certain type de communauté. Et ce qui fait obstacle au désir d’apprendre c’est le sentiment qu’on a pas besoin d’apprendre, que le savoir que l’on possède est en réalité supérieur à celui qu’on nous propose. L’ « ignorant » qui dit : « c’est trop compliqué pour moi », dit que ce savoir est inutile, et que seul compte pour lui la conduite pratique des affaires.

La paresse est en réalité une vision du monde. Ce que je ne comprends pas, c’est ce dont je n’ai pas besoin. "Je ne comprends pas" n'est pas seulement une antiphrase, cela laisse entendre : j'ai assez de savoir de ce qui est réellement important pour ne pas m'occuper de ces futilités.

Jacotot propose une méthode pour ceux chez qui il est considéré comme normal de ne pas accéder au désir même de savoir. S'il ne nie pas le poids des inégalités sociales, il considère que reconnaître ce poids ne change rien au problème. Sa question est : comment faire que celui qui dit « je ne suis pas capable », se mette à dire « je suis capable ». Poser la question des poids sociaux dans l'éducation c’est y mêler un autre problème : comment faire de l’école un certain modèle de sociabilité ? L’institution scolaire lie le problème des capacités à un autre problème, celui du fonctionnement de la société scolaire dans son rapport à la société qui l’a produite et qu’elle produit. Jacotot, lui, considère que ce qui relève du social relève de l’inégalité. Autrement dit, ce qui relève de l’égalité ne relève pas de l’institution sociale. L’institution sociale poursuivra toujours un autre but que d’actualiser l’égalité. Jacotot se place dans une provocation radicale par rapport à toute institution scolaire. C’est ce qui fait notre distance par rapport à lui.

Il ne s’agit donc pas de savoir ce que Jacotot peut apporter au système d’éducation : la réponse est : rien ! Il s’agit de savoir ce que, en tant qu’acteurs du système d’éducation, on peut retirer de sa pensée. Tout se joue sous la forme pratique du rapport que nous avons avec ceux qui sont en face de nous. L’égalité se joue dans un rapport effectif entre des individus. Or, ce rapport est toujours décalé par rapport à toute programmation sociale, par rapport à tout système. Cela relève plus de la décision individuelle : partir de l’inégalité ou de l’égalité.

C’est là bien sûr la singularité inassimilable de Jacotot. Ce qui l’intéresse, c’est qu’est-ce qui est investi dans l’acte éducatif et non comment faire fonctionner un système d’éducation.

NR : Jacotot s'intéresse donc aux mœurs, aux principes qui fondent les relations entre les individus, entre le maître et ses élèves…

JR : Je ne parlerai pas de mœurs, mais d’attitude. Il faut pouvoir se dissocier de ce qu’on fait. La logique du système d’éducation est toujours d’introduire une convergence des raisons. Elle veut ramener à une seule et même logique l’acte du savant qui sait, de l’enseignant qui enseigne et du citoyen qui œuvre pour l’égalité. Le réformisme sociologique ou la théorie « républicaine » restent prisonniers de cette logique de convergence entre l’acte qui transmet le savoir et l’acte qui établit un certain type de société. Mais il n’y a aucun lien nécessaire entre la transmission d’un savoir de type universel et l’établissement d’une relation égalitaire. Et proposer à des étudiants une aventure intellectuelle n’a rien à voir avec la formation des citoyens. L’égalité vient toujours en surplus de la nature du savoir et de toute finalité sociale, comme une présupposition à actualiser. Pour préserver sa radicalité et son actualité, il faut apprendre à séparer les fonctions. Un acte pédagogique émancipateur est un acte qui tient compte d’une séparation absolue entre ce que fait le maître et ce que fait l’élève, qui prend conscience que l’on a affaire à deux êtres intellectuels entièrement séparés. Tout système agrège et le paradoxe jacotiste est de desserrer, d'isoler pour faire un autre type de communauté. Jacotot nous amène à penser qu’il faut être plusieurs personnages au sein d’une même fonction. Le but de l’égalité ne se confond jamais avec le but de la science ou celui de la société.

Jacotot a écrit à une période où le système éducatif se mettait en place. Et il opposait terme à terme l’émancipation intellectuelle à ce système. J’écris dans un contexte fort différent puisqu’un système d’instruction publique gigantesque existe et que nous ne pouvons plus penser en dehors. Mais on peut pourtant maintenir la radicalité de sa position en mettant l’opposition à l’intérieur même de notre pratique. On peut toujours pratiquer l’égalité au sein du système en y occupant différemment sa place, en dissociant la logique de l’acte égalitaire de celle de l’institution sociale.

NR : Les mouvements d’éducation populaire participent-ils selon vous d'un effort d'émancipation ?

  JR : Ils le font s’ils mettent au « poste de commandement » l’exigence du travail par lequel n’importe qui peut entrer en possession de ses propres capacités, pas s’ils se présentent comme étant les bons lieux, comme quand on opposait la libre philosophie « vivante » des cafés-philo à la philosophie « universitaire ». Aucune institution n’est en elle-même émancipatrice. La question est de savoir si l’on y part de l’exigence égalitaire et du travail interminable de son actualisation ou de la concurrence des institutions. Ce qui est positif dans ces mouvements positifs, c’est de multiplier pour des individus la possibilité de révéler leurs propres capacités. Donc il ne faut pas raisonner en termes d’institution. L’essentiel est d’aider les gens à basculer d’un état d’incapacité reconnue à un état d’égalité où on se considère capable de tout parce qu’on considère aussi les autres comme capables de tout.

Propos recueillis par Anne Lamalle et Guy Dreux.

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19 décembre 2007 3 19 /12 /décembre /2007 09:27
Mélaine Favennec, c'est un rennais qui me l'a fait connaître il y a 5-6 ans, et c'est une rennaise, toi en fait, qui me le remet dans la tête depuis quelque jours.
Par exemple cela donne ce type de vibration très agréable :
 
Ecoute comme j'ai dormi
Contre toi ma jolie
Comme j'ai dormi
A presqu'entendre...
 
Le ciel se déchirer,
Les pattes du grillon
La faux sur l'herbe tendre
Le vent sur la jetée
Le marteau du maçon
Les galets de septembre
A presqu'entendre...
A presqu'entendre...
La grande grille de fer
Octobre en la demeure
Les marrons osus la cendre
L'archet de ton violon
Le marteau du pic-vert
Les graviers pour descendre
A presqu'entendre...
A presqu'entendre...
 
Tu n'as rien dit je crois
L'étirement du jour
L'accordéon qui tremble
Le vent dans tes cheveux
Le marteau des chevaux
Les pavés de novembre
A presqu'entendre...
A presqu'entendre...
 
Le chat dans la mélasse
Les oiseaux du matin
Les bruits pour te surprendre
Le vent qui dérésonne
Le marteau de la porte
Et les pierres de décembre
A presqu'entendre...
A presqu'entendre...
 
Je voudrais tant dormir,
Des mois, des nuits des jours
Et des heures pour entendre
Tous les coups de ton coeur,
Comme un compte à rebours
Vers le pays si tendre
Qu'on peut entendre,
Qu'on peut entendre...
Mélaine Favennec
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17 décembre 2007 1 17 /12 /décembre /2007 16:13
Je ne peux passer laisser Florent Pagny être seul à nous parler de Jacques Brel.
Rendons la parole à Jacques Brel.

Jacques Brel / De la culture



Jacques Brel / De l'homme nomade



Jacques Brel / De l'enjeu du rêve de Don Quichote

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16 décembre 2007 7 16 /12 /décembre /2007 07:46

Pour qui, comment quand et pourquoi ?
Contre qui ? Comment ? Contre quoi ?
C'en est assez de vos violences.
D'où venez-vous ?
Où allez-vous ?
Qui êtes-vous ?
Qui priez-vous ?
Je vous prie de faire silence.
Pour qui, comment, quand et pourquoi ?
S'il faut absolument qu'on soit
Contre quelqu'un ou quelque chose,
Je suis pour le soleil couchant
En haut des collines désertes.
Je suis pour les forêts profondes,
Car un enfant qui pleure,
Qu'il soit de n'importe où,
Est un enfant qui pleure,
Car un enfant qui meurt
Au bout de vos fusils
Est un enfant qui meurt.
Que c'est abominable d'avoir à choisir
Entre deux innocences !
Que c'est abominable d'avoir pour ennemis
Les rires de l'enfance !
Pour qui, comment, quand et combien ?
Contre qui ? Comment et combien ?
À en perdre le goût de vivre,
Le goût de l'eau, le goût du pain
Et celui du Perlimpinpin
Dans le square des Batignolles !
Mais pour rien, mais pour presque rien,
Pour être avec vous et c'est bien !
Et pour une rose entr'ouverte,
Et pour une respiration,
Et pour un souffle d'abandon,
Et pour ce jardin qui frissonne !
Rien avoir, mais passionnément,
Ne rien se dire éperdument,
Mais tout donner avec ivresse
Et riche de dépossession,
N'avoir que sa vérité,
Posséder toutes les richesses,
Ne pas parler de poésie,
Ne pas parler de poésie
En écrasant les fleurs sauvages
Et faire jouer la transparence
Au fond d'une cour au murs gris
Où l'aube n'a jamais sa chance.
Contre qui, comment, contre quoi ?
Pour qui, comment, quand et pourquoi ?
Pour retrouver le goût de vivre,
Le goût de l'eau, le goût du pain
Et celui du Perlimpinpin
Dans le square des Batignolles.
Contre personne et contre rien,
Contre personne et contre rien,
Mais pour toutes les fleurs ouvertes,
Mais pour une respiration,
Mais pour un souffle d'abandon
Et pour ce jardin qui frissonne !
Et vivre passionnément,
Et ne se battre seulement
Qu'avec les feux de la tendresse
Et, riche de dépossession,
N'avoir que sa vérité,
Posséder toutes les richesses,
Ne plus parler de poésie,
Ne plus parler de poésie
Mais laisser vivre les fleurs sauvages
Et faire jouer la transparence
Au fond d'une cour aux murs gris
Où l'aube aurait enfin sa chance,
Vivre,
Vivre
Avec tendresse,
Vivre
Et donner
Avec ivresse !





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14 décembre 2007 5 14 /12 /décembre /2007 06:52

Joyeux anniversaire !

Aujourd'hui cela fait 3 ans que j'ai déposé mon premier billet dans la blogosphère. 
Le titre de ce billet était : A pas comptés.

Aujourd'hui, un plaisir... 
Réédition de l'un des billets que je prèfère le titre (était) est : Fred alpagué par chance

Chance s'est posée dans ma vie il y a presqu'un an. Je la voulais énormément. Elle m'appelait, elle voulait être avec moi. Moi, comme parfois face à mes choix j'étais hésitant. Chance me demandait de m'engager à la garder. Chance me disait, laisse-moi me poser sur toi, je serai là, toujours avec toi. Je te serai fidèle à toujours. Moi j'étais hésitant, pourquoi la laisser entrer dans ma vie, qu'est ce que j'allais dire aux autres, comment j'allais EXPLIQUER cela. Chance s'est faite persuasive et insistante, C'est comme cela que je les aime.

Allez, comme si vous y étiez, voici comment Mapirle s'est fait alpagué par Chance.

Chance : Viens je vais te marquer.
Mapirle (dubitatif): Tu vas me marquer en quoi ?

Chance : Je vais te dire que tu as la chance en toi, que tu as la chance d'être là, que ta vie tu l'as gagnée. Je vais te dire aussi l'importance du rouge et du noir.
Mapirle (ambivalent) : Le rouge et le noir, si c'est pour Stendhal, je crois qu'on est mal parti, moi j'ai déjà beaucoup donné dans la bourgeoise !

Chance : Et le rouge et le noir de l'anarchie tu t'en fous ?
Mapirle (retourné) : L'anarchie, c'est autre chose, c'est la traduction politique du désespoir. Attention on ne plaisante pas avec l'anarchie !

Chance : Arrête de me parler idées, moi j'te parle vibrations. Le rouge de la passion, du too much, du feu que tu revendiques dans ton existence. Le noir des jours sans espoir. Le noir de ton regard sur le monde. Le noir mirroir de la pensée qui se nie dès qu'elle cherche à s'exprimer.
Mapirle (excité) : Fichtre, tu m'intéresses !

Chance : Attends, attends, j'ai plus encore à te dire et à te donner. Je serai ton vaccin...
Mapirle (interloqué) : Mon vaccin ?

Chance : Oui je te collerai à la peau, je serai sur toi et en toi. Un vaccin interne et externe. Un vaccin étendard.
Mapirle (intrigué) : Ok je veux bien être vacciné mais dis-moi au moins contre quoi tu te donnes pour fonction de me vacciner ?

Chance : Contre le venin des bourgeois, contre tout ces ptits cons qui croient détenir les rennes du bon goût, de la culture et de la bonne manière d'être aux autres.. Contre ton toi bourgeois aussi,... mais là je ne dois pas te faire un dessin.
Mapirle (Conquis) : Waouh ! En voilà une qui me comprend ! A mon avis tu dois consulter souvent mapirle.blogspot.com. Viens pique moi, je veux te garder en moi.

Chance : Oui c'est cela, laisse moi me poser sur toi, laisse moi te marquer, laisse moi entrer en toi.

Mapirle (Vrai) : Mais, dis-moi. Si je décide de d'accepter pour toujours, je peux quand même le faire parce que je te trouve belle, que je te désire et que je sens que tu vas me donner beaucoup de plaisirs.

Chance : Oui, oui, oui, mais s'il te plait. Arrête de discuter laisse moi venir.


Voilà je vous présente ma Chance :

 

 

 

 

 

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13 décembre 2007 4 13 /12 /décembre /2007 09:05
Ce week end, je suis dans les Ardennes pour fêter les XX(X) ans de Dominique.
Dominique je l'ai rencontrée il y a une dizaine d'année.
J'étais candidat, Dominique sélectionnait.
Dominique quelqu'une qui a l'oeil, assurément.
 
Aujourd'hui, j'ai trois lieux d'implications professionnelles.
 
Trois collègues principales également.
 
Pascale, Véronique et Alice.
 
Au travail, j'ai besoin d'un relationnel fort.
Le travail étant une chose éminemment non naturelle (à mes yeux) autant soigner le relationnel, cela donne envie d'y revenir.
 
Cela donne une belle coloration à ma vie par exemple...
Hier soir, en 2 minutes, je vérifie une nouvelle fois tout le potentiel de mon système :
 
17:29 : Mail de Véronique se terminant par :
"Tu dois te mettre en état pour « sentir » et tu sentiras….."
17:30 : Mail d'Alice simplement cela
"Lâche prise ça te va mieux..."
 
Chères collègues je me sens compris !
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12 décembre 2007 3 12 /12 /décembre /2007 06:59


floris.jpeg

Le Floris Bar, depuis quelques mois... C'est selon...

J'y expose mes névroses,

J'y aphone ma cyrose.

Souvent les 2 à la fois.

Je vous conseille ce bar. Absynthe, Pastis seront vos hôtes. Vous y retrouverez ces fameux Pastis Corse qui me ravissent ou ces pastis au Citron. Pour l'Absynthe, je demeure en période de découvertes, mais une visite sur
ce site pourrait vous en apprendre pas mal. Moi je retiens que c'est une réglementation européene qui a réouvert la porte à la distribution légale de ce beuvrage. Q'on arrête de dire tant de mal de l'Europe !

Le détail qui tue pour ce bar, c'est son adresse : Impasse de la fidélité.  
En résumé, le Floris, un bar qui sait truover les mots, et le reste.
 

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10 décembre 2007 1 10 /12 /décembre /2007 07:25

flyerpersonnages.jpg

EXPOSITION SAINT-GILLES ET SES PERSONNAGES"

Un Cireur de chaussures, une famille de bouchers, une fan d'Elvis Presley, un serveur de bar bouquiniste marxiste...

Autour d'une série d'entretiens, trois photographes, Scott Typaldos, Nicolas Vidick et Tania Viteri Saenz, posent leur regard sur les personnages saint-gillois choisi par les habitants du quartier.

Hispano Belga propose une exposition photo des personnages de Saint-Gilles.
 

Adresse de l'exposition
Maison des Cultures
120 Rue de Belgrade à 1060 Bruxelles

  Exposition du 7 au 15 décembre 2007
De mardi à jeudi
De 13h00 à 19h00
Samedi
De 14h00 à 18h00


J'aime Hispano-belga, j'aime ces asbl - elles se raréfient à Saint Gilles - qui défendent leur indépendance vis à vis des pouvoirs publics, qui font vivre un objectif social, qui le servent et dont les "usagers" ne sont pas<des faire-valoirs.

Allez voir ces photos, le projet derrière les photos, vous verrez, c'est rassurant. 
Allez-y, il ne faut pas se désespérer de Saint Gilles.


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8 décembre 2007 6 08 /12 /décembre /2007 09:05
Toc, Toc, Toc...  1/3 - Avec le vibrato de Bryan Ferry



Toc, Toc, Toc... 2/3 - Avec l'énergie survitaminée d'Axl Roses 



Toc, Toc, Toc... 3/3 - En VO et sous le regard éclairé de Bob Dylan

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