FRED RELOADED
"Persuadé qu'il n'est pas de vie morale possible pour qui n'est point docile aux voies souterraines ou se refuse à reconnaître la réalité des forces
obscures, a décidé une fois pour toutes, et au risque de passer pour un Don Quichote, un arriviste ou un fou, d'essayer, tant par ses actes, que par ses écrits, d'écarter les barrières qui
limitent l'homme et ne le soutiennent pas."
René Crevel
TENTATIVE
DE
L'IMPOSSIBLE
ACTS SPEAK
LOURDER
THAN
WORDS
Contact :
mapirle@gmail.com
Le 30 janvier Nathalie publiait le statut suivant sur sa page facebook.
Nathalie se demande pourqoui elle est sortie avec un monstre, pendant un an , un mois et un jour. 9:32pm - Comment - LikeUnlike - Show Feedback (6)Hide Feedback (6)
Le dialogue s'instaurait :
Ann at 9:38pm January 30
om te beseffen dat het een monster was?
Nathalie at 9:40pm January 30
maar dat was al duidelijk van in het begin!
Aymeric at 9:44pm January 30
Jaa seg moeder Ö
Ann at 9:48pm January 30
als dat zo duidelijk was, tja, dan is uw vraag natuurlijk terecht...
omdat we't soms ni kunnen laten zeker?
Karin at 10:13pm January 30
Dis Nath, c'est qui ce "monstre" avec qui tu es sortie un an, un mois et un jour? Je le connais?
Nathalie at 10:19pm January 30
ben non , ca fait bien plus longtemps qu'on ne s'est plus ni vues ni entendues ,hm miss?
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Ok voici le mien
Fred,
1 an, 1 mois, 1 jour.
Ma réalité en répétitions.
Garder le souvenir du blottir
Garder le meilleur de l'amour.
Assumer et vivre les regrets du frisson.

L'Impossible
Ah ! cette vie de mon enfance, la grande route par tous les temps, sobre surnaturellement, plus
désintéressé que le meilleur des mendiants, fier de n'avoir ni pays, ni amis, quelle sottise c'était. - Et je m'en aperçois seulement !
- J'ai eu raison de mépriser ces bonshommes qui ne perdraient pas l'occasion d'une caresse, parasites de la propreté et de la santé de nos femmes, aujourd'hui qu'elles sont si peu d'accord avec nous. J'ai eu raison dans tous mes dédains : puisque je m'évade !
Je m'évade !
Je m'explique.
Hier encore, je soupirais : "Ciel ! sommes-nous assez de damnés ici-bas ! Moi, j'ai tant de temps déjà dans leur troupe ! Je les connais tous. Nous nous reconnaissons toujours ; nous nous dégoûtons. La charité nous est inconnue. Mais nous sommes polis ; nos relations avec le monde sont très convenables." Est-ce étonnant ? Le monde ! les marchands, les naïfs ! - Nous ne sommes pas déshonorés. - Mais les élus, comment nous recevraient-ils ? Or il y a des gens hargneux et joyeux, de faux élus, puisqu'il nous faut de l'audace ou de l'humilité pour les aborder. Ce sont les seuls élus. Ce ne sont pas des bénisseurs !
M'étant retrouvé deux sous de raison - ça passe vite ! - je vois que mes malaises viennent de ne m'être pas figuré assez tôt que nous sommes à l'Occident. Les marais occidentaux ! Non que je croie la lumière altérée, la forme exténuée, le mouvement égaré... Bon ! voici que mon esprit veut absolument se charger de tous les développements cruels qu'a subis l'esprit depuis la fin de l'Orient... Il en veut, mon esprit !
... Mes deux sous de raison sont finis ! L'esprit est autorité, il veut que je sois en Occident. Il faudrait le faire taire pour conclure comme je voulais.
J'envoyais au diable les palmes des martyrs, les rayons de l'art, l'orgueil des inventeurs, l'ardeur des pillards; je retournais à l'Orient et à la sagesse première et éternelle. - Il paraît que c'est un rêve de paresse grossière !
Pourtant, je ne songeais guère au plaisir d'échapper aux souffrances modernes. je n'avais pas en vue la sagesse bâtarde du Coran. - Mais n'y a-t-il pas un supplice réel en ce que, depuis cette déclaration de la science, le christianisme, l'homme se joue, se prouve les évidences, se gonfle du plaisir derépéter ces preuves, et ne vit que comme cela ? Torture subtile, niaise ; source de mes divagations spirituelles. La nature pourrait s'ennuyer, peut-être ! M. Prud'homme est né avec le Christ.
N'est-ce pas parce que nous cultivons la brume ? Nous mangeons la fièvre avec nos légumes aqueux. Et l'ivrognerie ! et le tabac ! et l'ignorance ! et les dévouements ! - Tout cela est-il assez loin de la pensée de la sagesse de l'Orient, la patrie primitive ? Pourquoi un monde moderne, si de pareils poisons s'inventent !
Les gens d'Église diront : C'est compris. Mais vous voulez parler de l'Éden. Rien pour vous dans l'histoire des peuples orientaux. - C'est vrai ; c'est à l'Éden que je songeais ! Qu'est-ce que c'est pour mon rêve, cette pureté des races antiques !
Les philosophes : Le monde n'a pas d'âge. L'humanité se déplace, simplement. Vous êtes en Occident, mais libre d'habiter dans votre Orient, quelque ancien qu'il vous le faille, - et d'y habiter bien. Ne soyez pas un vaincu. Philosophes, vous êtes de votre Occident.
Mon esprit, prends garde. Pas de partis de salut violents. Exerce-toi ! - Ah ! la science ne va pas assez vite pour nous !
- Mais je m'aperçois que mon esprit dort.
S'il était bien éveillé toujours à partir de ce moment, nous serions bientôt à la vérité, qui peut-être nous entoure avec ses anges pleurant !... - S'il avait été éveillé jusqu'à ce moment-ci, c'est que je n'aurais pas cédé aux instincts délétères, à une époque immémoriale !... S'il avait toujours été bien éveillé, je voguerais en pleine sagesse !...
O pureté ! pureté !
C'est cette minute d'éveil qui m'a donné la vision de la pureté ! - Par l'esprit on va à Dieu !
Déchirante infortune !
Arthur Rimbaud