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8 décembre 2020 2 08 /12 /décembre /2020 09:12
DE L’AMOUR DU PROCHAIN

 

Vous vous empressez auprès du prochain et vous exprimez cela par de belles paroles. Mais je vous le dis : votre amour du prochain, c’est votre mauvais amour de vous-mêmes.

Vous entrez chez le prochain pour fuir devant vous-mêmes et de cela vous voudriez faire une vertu : mais je pénètre votre « désintéressement ».

Le toi est plus vieux que le moi ; le toi est sanctifié, mais point encore le moi : ainsi l’homme s’empresse auprès de son prochain.

Est-ce que je vous conseille l’amour du prochain ? Plutôt encore je vous conseillerais la fuite du prochain et l’amour du lointain !

Plus haut que l’amour du prochain se trouve l’amour du lointain et de ce qui est à venir. Plus haut encore que l’amour de l’homme, je place l’amour des choses et des fantômes.

Ce fantôme qui court devant toi, mon frère, ce fantôme est plus beau que toi ; pourquoi ne lui prêtes-tu pas ta chair et tes os ? Mais tu as peur et tu t’enfuis chez ton prochain.

Vous ne savez pas vous supporter vous-mêmes et vous ne vous aimez pas assez : c’est pourquoi vous voudriez séduire votre prochain par votre amour et vous dorer de son erreur.

Je voudrais que toute espèce de prochains et les voisins de ces prochains vous deviennent insupportables. Il vous faudrait alors vous créer par vous-mêmes un ami au cœur débordant.

Vous invitez un témoin quand vous voulez dire du bien de vous-mêmes ; et quand vous l’avez induit à bien penser de vous, c’est vous qui pensez bien de vous.

Celui-là seul ne ment pas qui parle contre sa conscience, mais surtout celui qui parle contre son inconscience. Et c’est ainsi que vous parlez de vous-mêmes dans vos relations et vous trompez le voisin sur vous-mêmes.

Ainsi parle le fou : « Les rapports avec les hommes gâtent le caractère, surtout quand on n’en a pas. »

L’un va chez le prochain parce qu’il se cherche, l’autre parce qu’il voudrait s’oublier. Votre mauvais amour de vous-mêmes fait de votre solitude une prison.

Ce sont les plus lointains qui payent votre amour du prochain ; et quand vous n’êtes que cinq ensemble, vous en faites toujours mourir un sixième.

Je n’aime pas non plus vos fêtes : j’y ai trouvé trop de comédiens, et même les spectateurs se comportaient comme des comédiens.

Je ne vous enseigne pas le prochain, mais l’ami. Que l’ami vous soit la fête de la terre et un pressentiment du Surhumain.

Je vous enseigne l’ami et son cœur débordant. Mais il faut savoir être tel une éponge, quand on veut être aimé par des cœurs débordants.

Je vous enseigne l’ami qui porte en lui un monde achevé, l’écorce du bien, — l’ami créateur qui a toujours un monde achevé à offrir.

Et de même que pour lui le monde s’est déroulé, il s’enroule de nouveau, tel le devenir du bien par le mal, du but par le hasard.

Que l’avenir et la chose la plus lointaine soient pour toi la cause de ton aujourd’hui : c’est dans ton ami que tu dois aimer le Surhumain comme ta raison d’être.

Mes frères, je ne vous conseille pas l’amour du prochain, je vous conseille l’amour du plus lointain.
 

Ainsi parlait Zarathoustra.

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3 décembre 2020 4 03 /12 /décembre /2020 16:43

Vivre, vieillir

Deux synonymes, parfois,

Qui,

S'ignorent, Se devinent, 

Se ressentent, se refusent,

Asymptotiques ou elliptiques,

Toujours symptomatique.

 

Vieillir, petite bulle d'eau qui descend la rivière, au milieu des cailloux, des bois morts, des rochers.

Cailloux, rochers, bois morts,...

Autres bulles

cahin-caha, disparaissent

Dans une vertigineuse définitive chute.   

Bulle est là, tragique, au dessus de la chute,

Suspendue au milieu des tumultes.

Interrogative

Quel sera le prochain sens ? 

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1 décembre 2020 2 01 /12 /décembre /2020 00:00

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3 novembre 2020 2 03 /11 /novembre /2020 08:25

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5 août 2020 3 05 /08 /août /2020 06:50
Mort de Bernard Stiegler
Je ne ne comprenais pas tout 
Je n'étais pas d'accord avec tout
Il m'était presque sensoriellement antipathique
Il me fascinait intellectuellement 
C'est donc cela une pensée qui se déploie
Et qui assume la complexité dans réel
Une radicalité pragmatique 
Sans concession
Discrète mais oh combien percutante
Je commence à peine à la comprendre
 
 
 
 
 
Voici ses mots sur le confinement : 
 
« Le confinement en cours devrait être l’occasion d’une réflexion de très grande ampleur sur la possibilité et la nécessité de changer nos vies. Cela devrait passer par ce que j’avais appelé, dans Mécréance et discrédit (Galilée, 2004), un otium du peuple. Ce devrait être l’occasion d’une revalorisation du silence, des rythmes que l’on se donne, plutôt qu’on ne s’y plie, d’une pratique très parcimonieuse et raisonnée des médias et de tout ce qui, survenant du dehors, distrait l’homme d’être un homme. »
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10 juillet 2020 5 10 /07 /juillet /2020 16:37

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7 juillet 2020 2 07 /07 /juillet /2020 16:27
Recevoir ce type de mail d'un étudiant, délibéré et diplômé 
 
Hello Maitre Bernard,
 
Du fond du cœur, je souhaite une fois de plus vous remercier pour ces trois années. Je n'aurais pu imaginer il y a trois ans accrocher et m’intéresser a ce milieu si particulier que celui de la finance. J'ai côtoyé et je côtoie de nombreux enseignants. J'ai très rarement rencontré une personne comme vous qui réunit autant de qualités. Vous êtes passionné et transmettez votre passion. Vos dispositifs de cours, vos supports de cours sont impeccables. Vous avez beaucoup d'humour et au niveau éducatif et pédagogique vous trouvez le bon équilibre. 
 
Restez comme vous êtes!!
Merci pour tout et belle suite à vous,
 
A mérité la réponse suivante réponse :
 
Merci, je reçois et apprécie ton message. 
La pédagogie écrit droit avec des lignes courbes.
Et il est heureux que l'on soit pluriel pour essayer d'atteindre la pluralité des antennes de nos étudiants. 
On a une équipe pédagogique et administrative qui nous aide à être ce qu'on est. 
 
Bon ce sont les vacances je ne vais pas t'infliger mon dossier CAPAES. Alors un petit éclairage musical. 
 
Mais pour moi, venir "professer" 4 heures par semaine  à votre groupe... en musique c'est cela
16 h 30 - Déploiement des antennes avant le cours :
17 h 30 - La vibration que j'essaye d'établir pendant le cours : 
22 h 00 Mon ressenti le long de la nationale 5, entre la rue de l'abbaye, le toit ouvrant ouvert, et la N5 jusque chez moi, cigare au bec (bon je sais c'est très écologiquement correct) :
 
Et bien - ne le dis pas à mes directeurs - mais je crois que je serais prêt à payer pour cela ! 
Ce n'est quand même pas le pire des métiers du monde !
 
Bonne vacances, 
 
 
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18 mai 2020 1 18 /05 /mai /2020 17:18

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23 juillet 2019 2 23 /07 /juillet /2019 08:00

Heureux ceux qui sont morts pour des cités charnelles.
Car elles sont le corps de la cité de Dieu.
Heureux ceux qui sont morts pour leur âtre et leur feu,
Et les pauvres honneurs des maisons paternelles.
Car elles sont l'image et le commencement
Et le corps et l'essai de la maison de Dieu.

 

Heureux ceux qui sont morts dans cet embrassement,
Dans l'étreinte d'honneur et le terrestre aveu.
Car cet aveu d'honneur est le commencement
Et le premier essai d'un éternel aveu.

 

Heureux ceux qui sont morts, car ils sont retournés
Dans la première terre et dans la discipline.
Ils sont redevenus la pauvre figuline.
Ils sont redevenus des vases façonnés.

 

Heureux ceux qui sont morts, car ils sont retournés
Dans leur première forme et fidèle figure.
Ils sont redevenus ces objets de nature
Que le pouce d'un Dieu lui-même a façonnés.

 

Et voici le gibier traqué dans les battues,
Les aigles abattus et les lièvres levés.
Que Dieu ménage un peu ces cœurs tant éprouvés,
Ces torses déviés, ces nuques rebattues.

Que Dieu mette avec eux un peu de cette terre
Qui les a tant perdus et qu'ils ont tant aimée.


 

Charles Péguy - Eve (1913) - extrait

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13 octobre 2016 4 13 /10 /octobre /2016 13:16
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