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Rouge et noir

 

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9 avril 2007 1 09 /04 /avril /2007 08:50
Réentendue cette chanson cette semaine, chaque fois qu'elle me tombe dessus, je confirme, c'est définitivement mon hymne.
 
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8 avril 2007 7 08 /04 /avril /2007 07:00

Bon, j’suis content, ce focus Calafarte m'a été salutaire. Cet homme est effectivement d’or et de plomb.

Dure dure la transition cependant, restons dans les auteurs, un retour par Desproges, …
Le rire comme politesse du désespoir.

Extraits de Pierre Desproges
LOCUTIONS LATINES ET ÉTRANGERES
Dictionnaire du superflu à l’usage des nantis et des bien pensants

Ecce homo
Voici la lessive.
Allusion au suaire du Christ, qui était plus blanc que celui des deux larrons. Par extension, s’emploie pour désigner du beau linge.

Ad bitam aeternam, amen
Tant qu’on baise, je ne dis pas non.
Réponse de Caligula à une esclave égyptienne qui lui représentait le plat de nouilles alors qu’il butinait sa soeur Escarpina. Expression utilisée aujourd’hui encore dans les hôtels quatre étoiles pour signifier élégamment qu’on ne souhaite pas être dérangé par le maître d’hôtel quand on est dans la femme de ménage.

Alea jacta est
Ils sont bavards, à la gare de l'Est.
.
Eli, Eli, lamma sabachtani !
Ciel, Ciel, mon mari !
Dernières paroles du Christ en croix.

Mens sana in corpore salo
En tout homme, il y a un cochon qui sommeille ;
Premières paroles de la version latine de l’Internationale.

Mettez-moi donc un kilo de tomates, Mrs Carrington. Non. Pas de celle-là. Ma femme dit qu'elle est farineuse.
Extrait de Ma vie à Londre en 1940 par Charles de Gaulle. Peut s'utiliser chez n'importe quel détaillant en légumes. Penser à changer le nom de la marchande.

Modus Vivaldi
Vivaldi sait s’habiller.
Réplique de Josette Bach à son mari Jean-Sébastien qui lui demandait s’il était beau dans son nouveau pourpoint.

Motus Vivaldi
Ta gueule, Vivaldi.
Chut (en vieux vénitien).

Remember, camember
N’oublie pas le fromage.
De Victor Hugo à sa gouvernante à Jersey. A rapprocher du fameux « Navarro, Livarot » de Henri IV. Le sens de ces expressions n’est pas clair. A utiliser seulement pour la beauté de la rime.

Rule Britannia, they have melons
Ils ont des chapeaux ronds, vive la Bretagne.
Devise d’Anne de Bretagne, aujourd’hui encore gravée dans la pierre au pied de la tour nord du château de Nantes, juste au-dessus de « Fifi aime Nénette ».

Se habla espagnol
L’Ibère sera rude.
Devise des armées franquistes pendant la guerre civile.

Si parla italiano
L’Italie, c’est par là.
Réponse cinglante d’Abd El-Kader à Bugeaud qui lui réclamait des nouilles.

Testis unus, testis nullus
On ne va pas loin avec une seule couille.
Vieux dicton romain. D’abord employé par les garagistes à propos des roues de chars brisés dans les courses, il a pris un sens moderne sensiblement différent. Signifie actuellement : « Pour moi ce sera une glace à deux boules. »

Vis comica
On devrait enfermer les comiques.

Et une dernière de Desproges, en ces fêtes de Pâques :
« Pâques au scanner, Noël au cimetière ! »
 
Joyeuses Fêtes !

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7 avril 2007 6 07 /04 /avril /2007 05:20

"Lundi 18 mai 1970
Fête de Pentecôte. Pluie et froid, me convenant d'ailleurs parfaitement, car les premiers soleils de printemps suscitent en moi une inexplicable angoisse.
J'écris en ce moment avec, sur les genoux, Beibeige, cette chatte qui s'est attachée à nous dès notre arrivée. Petite bête intelligente, douce, au beau regard clair, que nous avons attirée chez nous cet hiver où, rapidement, elle a pris ses habitudes."

Souvent chez Stendhal une légèreté d'esprit qui me rebute."

Louis Calaferte, L'Or et le plomb, Carnets 1968-1973, Denoël, 1981 Paris

Ici, c'est juste pour conclure mon focus Calaferte. Calafarte m'a aussi appris que le jour de mon anniversaire était un lundi de pentecôte, qu'il pleuvait et faisait froid.

Je reprends le manche.

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6 avril 2007 5 06 /04 /avril /2007 05:17

"Le régime de la technique est celui qui, après avoir résolu une première série d'exigences, en produit lui même d'autres qu'il est à chaque fois vital de pouvoir contrôler.
L'enchaînement est sans fin, et le coût en matière et en spiritualité - inchiffrable - pour ne rien dire de celui en vie humaines.
Tout va si vite, que la guérison ou la simple amélioration, ne pourrait s'obtenir que par ralentissement, on l'a compris impossible à concevoir sans que s'écroule la totalité de la construction.
C'est donc avec passivité que le poids des masses s'élance vers le vide."

Louis Calaferte, Droits de cité, Folio Gallimmard, Paris, 1992

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5 avril 2007 4 05 /04 /avril /2007 05:14

"Au commencement était le Sexe.
Sauveur. Chargé d'immortalité. Il y a la bête. Héroïque. Puissante. Et au delà de la bête il n'y a rien. Rien sinon Dieu lui-même. Magnifique et pesant. Avec son oeil de glace. Rond… Statique. Démesurément profond. Fixe jusqu'à l'hypnose. Tragique regard d'oiseau. Allumé et cruel. Impénétrable de détachement. Rivé sur l'infini où tout arrive.
Le monde s'ouvre comme un énorme utérus en feu. Le monde est femelle, comme l'est la Création. Et putain, impudique comme l'est la femelle. Père. Fils. Esprit. Triangle sacré du pubis. Le sexe -roi. C'est partout la famine. Etreindre. Prendre. Jouir. Le monde est vautré, nu, offert à la fornication dans sa splendeur maligne et dans sa purulence, tous ses abcès ouverts. Sous les yeux même de l'innocence qui cherche.
Dans ce néant placide, la principale préoccupation est de mettre le cap chaque jour sur un point, précis ou non, connu ou non, sans qu'il soit même question d'aborder quelque part. Et louons le Seigneur qui nous porte en son sein comme une écharde vénéneuse! Nul ne peut dire encore quel est l'enjeu final, ni ce que nous trouverons en bout de course. Le bûcher déjà flambant, la rémission des péchés et le repos du grand pardon ou, octroyée en récompense à titre privé, une jeune et solide putain au con prestigieux, sélectionnée entre toutes pour sa bonne humeur et son savoir-faire.
Allons, toujours! Soyons confiants! La fourmilière est en effervescence. Torpeur funèbre. Torpeur rouge de la foule qui va droit devant elle à l'aveuglette, les yeux bouffis de sang, vivant sous un soleil usé un âge déjà mort pétrifié dans le temps. Roule. Roulements. Rouages. Relayez- vous. Au coude à coude. Armée du deuil. De l'expiation.
(...)
Ne songez présentement qu'à ramasser en hâte les habits de la veille qui traînent sur la chaise. Harnais de cuir clouté, mors et licol. Endossez vaillamment l'uniforme et boutonnez, sanglez, que l'extérieur au moins soit sans bavure. Et s'il advenait qu'une puce diabolique se soit glissée la veille au soir dans les doublures chaudes, prenez aussi la puce, il n'y a pas de raison. Il faut aller au bout des choses. L’éternité reconnaîtra les siens... "

Louis Calaferte Introduction de Septentrion Folio Gallimard Paris 1990

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4 avril 2007 3 04 /04 /avril /2007 05:12
"Ce n'est pas la femme, c'est le sexe. Ce n'est pas le sexe, c'est l'instant - la folie de le diviser l'instant - ou celle d'atteindre... quoi ?
Ce n'est pas le plasir - c'est le mouvement qu'il imprime, c'est le changement qu'il demande, harcèle, et devant lequel il retombe, brisé, rompu, couronné d'une jouissance, liquéfié, achevé, béat, mais la volupté cache sa défaite."
 
Paul Valéry, Cahiers, II, Eros. Mis en exergue par Louis Calaferte dans La mécanique des femmes, Folio Gallimmard, Paris, 1992
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3 avril 2007 2 03 /04 /avril /2007 05:10
"C'est par le trouble profond qu'il provoque en nous jusqu'au malaise que l'acte exceptionnel s'inscrit au registre intime comme au registre social.
D'une certaine manière l'exceptionnel nous paraît invraisemblable, c'est-à-dire difficile à incorporer dans notre réalité de répétition."
 
Louis Calaferte, Droits de cité, Folio Gallimmard, Paris, 1992
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2 avril 2007 1 02 /04 /avril /2007 05:06
"Reins. Airain.
Je suis d'airain.
 
La souffrance m'importe peu. Je suis en capacité de la supporter mieux qui quiconque. Appliquée à moi, c'est un moyen d'intimidation tout à fait vain. Sentiment de ma force de résistance à la douleur.
A de nombreuses reprises, pour ne pas dire de manière presque ininterrompue je me suis trouvé confronté au mal physique, que j'endure un peu comme si je réussissais à me l'assimiler.
Ses manifestations n'en sont pas moins pénibles, mais m'associant à elles, devenant souffrance de toute ma personne, me situant du côte du mal, je ne le ressens plus en tant qu'agression d'une force étrangère, scandaleuse contre laquelle on est amené à s'insurger avec un fond d'indignation légitime qui accentue la douleur doublée par celle du conflit, mais comme produit d'une part enfouié de moi-même se révélant pour agir, qu'il me faut accepter avec le même naturel par lequel j'accueille l'uniformité des parts calmes de ma personne, considérer avec indulgence et patience."
 
Louis Calaferte dans La vie parallèle, Denoël, Paris, 1974
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1 avril 2007 7 01 /04 /avril /2007 20:03

Y en marre, jeudi dernier aurait dû être une belle journée.
Elle ne le fut pas.

Présenter les résultats d'une dernière étude à 11 heures.

Restos improvisés le midi et le soir.
Beaucoup de mal à avaler.

En résumé,
Je ne cherche pas à convaincre, à emmener, à légitimer, à être compris...
Je cherche juste à me dire.
2 ans avec mon blog m'aide notamment à cela.
Fuir la sociale pensante peur.

Mais elle me rattrape souvent cette sociale pesanteur.
Alors je vais me taire une semaine. Et laisser parler Calaferte.

J'ai appris l'existence de Louis Calaferte le 2 mai 1994, c'était le jour de sa mort, j'écoutais France Inter. Les témoignages le concernant m'ont intrigué. Je suis allé à la rencontre de ses livres. Cet homme m'a fondamentalement changé. 

Depuis, jeudi impérieux besoin de le relire, de le repratiquer.

C'est parti pour un focus Calaferte.

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30 mars 2007 5 30 /03 /mars /2007 05:30
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