Rouge et noir

 

Ecce homo

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Jeudi 6 août 2009 4 06 /08 /2009 19:45
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Mardi 12 mai 2009 2 12 /05 /2009 07:31
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"La ditance que nous prenons par rapport à notre vie passée et qui modifie leur échelle, la remontée d'éléments que nous avions négligés le temps de l'action, la logique qui les enchaine et qui était alors invisible, le relief que leur donne l'époque à laquelle ils appartiennent et qui est déjà considérée comme un morceau de l'histoire des hommes, leur étrangeté au bout du compte qui nous fait regarder celui que nous avons été comme un autre, tout cela contribue à faire de notre vie passée un rêve. On dit que le futur se retrécit lorqu'on commence à ne plus croire qu'il soit éternel, mais les voiles troubles des émotions et des sentiments se soulèvent pour mettre au jour des zones méconnues du passé, et c'est celui-ci qui semble s'ouvrir. Nous devenons le lecteur d'un roman dont nous avons été l'auteur qui s'ignore et avant d'entamer le dernier chapitre, cet auteur habile peut nous donner une clef qui tout à coup nous permet de relier entre eux des indices semés tout au long du récit et grâce auquel un sens est donné à ce qui n'en avait pas. Ainsi pouvons-nous temporiser la tristesse, les regrets, ou la nostalgie, les angoisses inhérents à ce dernier chapitre, par une jouissance qui est celle d'un sens inscrit."

Catherine Millet
Jour de Souffrance
Récit
Flammarion

Lundi 10 novembre 2008 1 10 /11 /2008 06:11
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Je me suis penché sur la mer
Pour communiquer mon message
Aux poissons:
«Voilà ce que je cherche et que je veux savoir.»

Les petits poissons argentés
Du fond des mers sont remontés
Répondre à ce que je voulais.

La réponse des petits poissons était:
«Nous ne pouvons pas vous le dire
Monsieur
PARCE QUE»
Là la mer les a arrêtés.

Alors j'ai écarté la mer
Pour les mieux fixer au visage
Et leur ai redit mon message:
«Vaut-il mieux être que d'obéir?»

Je le leur redis une fois, je leur dis une seconde
Mais j'eus beau crier à la ronde
Ils n'ont pas voulu entendre raison!

Je pris une bouilloire neuve
Excellente pour cette épreuve
Où la mer allait obéir.

Mon coeur fit hamp, mon coeur fit hump
Pendant que j'actionnais la pompe
À eau douce, pour les punir.

Un, qui mit la tête dehors
Me dit: «Les petits poissons sont tous morts.»

«C'est pour voir si tu les réveilles,
Lui criai-je en plein dans l'oreille,
Va rejoindre le fond de la mer.»

Dodu Mafflu haussa la voix jusqu'à hurler en déclamant ces trois derniers vers,
et Alice pensa avec un frisson: «Pour rien au monde je n'aurai voulu être ce messager!»

Celui qui n'est pas ne sait pas
L'obéissant ne souffre pas.

C'est à celui qui est à savoir
Pourquoi l'obéissance entière
Est ce qui n'a jamais souffert

Lorsque l'être est ce qui s'effrite
Comme la masse de la mer.

Jamais plus tu ne seras quitte,
Ils vont au but et tu t'agites.
Ton destin est le plus amer.

Les poissons de la mer sont morts
Parce qu'ils ont préféré à être
D'aller au but sans rien connaître
De ce que tu appelles obéir.

Dieu seul est ce qui n'obéit pas,
Tous les autres êtres ne sont pas
Encore, et ils souffrent.

Ils souffrent ni vivants ni morts.
Pourquoi?

Mais enfin les obéissants vivent,
On ne peut pas dire qu'ils ne sont pas.

Ils vivent et n'existent pas.
Pourquoi?

Pourquoi? Il faut faire tomber la porte
Qui sépare l'Être d'obéir!

L'Être est celui qui s'imagine être
Être assez pour se dispenser
D'apprendre ce que veut la mer...

Mais tout petit poisson le sait!
Il y eut une longue pause.
«Est-ce là tout? demanda Alice timidement.»


Antonin Artaud



Jeudi 9 octobre 2008 4 09 /10 /2008 14:57
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J. comme Jubilatoire

M. comme Miraculeux

G. comme Goût

L. comme Libérateur

C. comme Cosmique


Jean Marie Gustave Le Clezio, Prix Nobel de Littérature. Mon écrivain préféré. J'en reviens toujours pas. 

Deux conseils de lecture : le procès verbal / le livre des fuites.

Deux rencontres essentielles : Adam Pollo / Jeune Homme Hogan

Le Clezio est celui qui m'a fait découvrir cette fameuse simultanéité : "La simultanéité est l'anéantissement du temps et non du mouvement. Cet anéantissement doit être conçu non pas forcément sous forme d'expérience mystique mais par un recours constant à la volonté d'absolu dans le raisonnement abstrait. Il s'agit à propos d'un acte quelconque, mettons fumer une cigarette, de ressentir indéfiniment, durant le même geste, des millions de cigarettes vraisemblablement fumées par des millions d'autres individus sur la terre. Sentir des millions de légers cylindres de papier, écarter les lèvres et filtrer quelques grammes d'air mélangés de fumée de tabac. Dès lors le geste de fumer devient unique. Il se métamorphose en un genre, le mécanisme habituel de la cosmogonie peut intervenir. C'est dans un sens, aller en direction opposée au système philosophique normal qui part d'un acte ou d'une sensation pour aboutir à un concept facilitant la connaissance."

Cette simultanéité me fait repenser à une autre image de JMGLC. (Je pense que c'est plus dans le livre des fuites qui décrit le périple de Jeune Homme Hogan) Il s'agit de l'image de la petite bulle d'air. Je me sens ces derniers temps  dans ma vie comme une bulle d'air remontant le long de la paroi d'une bouteille d'eau gazeuse. Je suis la bulle, l'eau de la bouteille est ma vie, la bouteille est l'univers. Tout est uni. Tout est transparent. Le Clezio est prix Nobel de littérature.
Mardi 30 septembre 2008 2 30 /09 /2008 06:13
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Je commence à peine à l'apprendre, l'extase est dans la frise, la turbulence.

En matière de vibrations, il y a un livre qui a mes yeux est la somme de celles du monde. Un livre qui est toujours à côté de mon lit. Que parfois je néglige mais qui me revient toujours comme ce week end, le phare de mes soirs de grandes turbulences.

Les Chants du Maldoror d'Isidore Ducasse, Comte de Lautréamont.

Relecture fébrile dans mon verger lors des après midi ensoleillées de cette fin septembre.

"Je suis sale. Les poux me rongent. Les pourceaux, quand ils me regardent, vomissent. Les croûtes et les escarres de la lèpre ont écaillé ma peau, couverte de pus jaunâtre. Je ne connais pas l'eau des fleuves, ni la rosée des nuages. Sur ma nuque, comme sur un fumier, pousse un énorme champignon, aux pédoncules ombellifères. Assis sur un meuble informe, je n'ai pas bougé mes membres depuis quatre siècles. Mes pieds ont pris racine dans le sol et composent, jusqu'à mon ventre, une sorte de végétation vivace, remplie d'ignobles parasites, qui ne dérive pas encore de la plante, et qui n'est plus de la chair. Cependant mon coeur bat. Mais comment battrait-il, si la pourriture et les exhalaisons de mon cadavre (je n'ose pas dire corps) ne le nourrissaient abondamment ? Sous mon aisselle gauche, une famille de crapauds a pris résidence, et, quand l'un d'eux remue, il me fait des chatouilles. Prenez garde qu'il ne s'en échappe un, et ne vienne gratter, avec sa bouche, le dedans de votre oreille : il serait ensuite capable d'entrer dans votre cerveau. Sous mon aisselle droite, il y a un caméléon qui leur fait une chasse perpétuelle, afin de ne pas mourir de faim : il faut que chacun vive. Mais, quand un parti déjoue complètement les ruses de l'autre, ils ne trouvent rien de mieux que de ne pas se gêner, et sucent la graisse délicate qui couvre mes côtes : j'y suis habitué. Une vipère méchante a dévoré ma verge et a pris sa place : elle m'a rendu eunuque, cette infâme. Oh ! si j'avais pu me défendre avec mes bras paralysés ; mais, je crois plutôt qu'ils se sont changés en bûches. Quoi qu'il en soit, il importe de constater que le sang ne vient plus y promener sa rougeur. Deux petits hérissons, qui ne croissent plus, ont jeté à un chien, qui n'a pas refusé, l'intérieur de mes testicules : l'épiderme, soigneusement lavé, ils ont logé dedans. L'anus a été intercepté par un crabe ; encouragé par mon inertie, il garde l'entrée avec ses pinces, et me fait beaucoup de mal ! Deux méduses ont franchi les mers, immédiatement alléchées par un espoir qui ne fut pas trompé. Elles ont regardé avec attention les deux parties charnues qui forment le derrière humain, et, se cramponnant à leur galbe convexe, elles les ont tellement écrasées par une pression constante, que les deux morceaux de chair ont disparu, tandis qu'il est resté deux monstres, sortis du royaume de la viscosité, égaux par la couleur, la forme et la férocité. Ne parlez pas de ma colonne vertébrale, puisque c'est un glaive. Oui, oui... je n'y faisais pas attention... votre demande est juste. Vous désirez savoir, n'est-ce pas, comment il se trouve implanté verticalement dans mes reins ? Moi-même, je ne me le rappelle pas très clairement ; cependant, si je me décide à prendre pour un souvenir ce qui n'est peut-être qu'un rêve, sachez que l'homme, quand il a su que j'avais fait voeu de vivre avec la maladie et l'immobilité jusqu'à ce que j'eusse vaincu le Créateur, marcha, derrière moi, sur la pointe des pieds, mais, non pas si doucement, que je ne l'entendisse. Je ne perçus plus rien, pendant un instant qui ne fut pas long. Ce poignard aigu s'enfonça, jusqu'au manche, entre les deux épaules du taureau des fêtes, et son ossature frissonna, comme un tremblement de terre. La lame adhère si fortement au corps, que personne, jusqu'ici, n'a pu l'extraire. Les athlètes, les mécaniciens, les philosophes, les médecins ont essayé, tour à tour, les moyens les plus divers. Ils ne savaient pas que le mal qu'a fait l'homme ne peut pas se défaire !
"

Les chants de Maldoror,
Chant quatrième, strophe quatre, Isidore Ducasse, 24 ans, 1869.

Ecoutez comment, Philippe Léotard, l'homme vibration, s'approprie l'affaire. 

Extase
Lundi 29 septembre 2008 1 29 /09 /2008 05:45
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"Je m'obstine à mêler des fictions aux redoutables réalités. Maisons inhabitées, je vous ai peuplées de femmes exceptionnelles, ni grasses, ni maigres, ni blondes, ni brunes, ni folles, ni sages, peu importe, de femmes plus séduisantes que possible, par un détail. Objets inutiles même la sottise qui procéda à votre fabrication me fut une source d'enchantements. Êtres indifférents, je vous ai souvent écoutés, comme on écoute le bruit des vagues et le bruit des machines d'un bateau, en attendant délicieusement le mal de mer. J'ai pris l'habitude des images les plus inhabituelles. Je les ai vues où elles n'étaient pas. Je les ai mécanisées comme mes levers et mes couchers. Les places, comme des bulles de savon, ont été soumises au gonflement de mes joues, les rues à mes pieds l'un devant l'autre et l'autre passe devant l'un, devant deux et fait le total, les femmes ne se déplaçaient plus que couchées, leur corsage représentant le soleil. La raison, la tête haute, son carcan d'indifférence, lanterne à tête de fourmi, la raison, pauvre mât de fortune pour un homme affolé, le mât de fortune du bateau...voir plus haut. Pour me trouver des raisons de vivre, j'ai tenté de détruire mes raisons de t'aimer. Pour me trouver des raisons de t'aimer, j'ai mal vécu."

Paul Eluard
Mardi 26 février 2008 2 26 /02 /2008 07:26
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Euphorisme.jpg Moi les mots m'aident à vivre. J'essaye de leur donner de la place dans ma vie.
Parfois il y a des rencontres avec des phrases. Des petites phrases qui l'air de rien prennent dans votre tête des dimension de fulgurances.
Bonne semaine la semaine dernière,  j'en ai trois bien imprimées dans ma tête.
"L'homme est à la fois le labyrinthe et le promeneur qui s'y perd"
Grégoire La croix auteur du bouquin ci-contre
 
"Si tu savais que tout est là et que tu ne vas pas progresser d'un millimètre à partir d'aujourd'hui, qu'est ce que tu fais ? Tu arrêtes de progresser et tu fais avec ce que tu as à faire." Alejandro Jodorowky, la pensée tarotique.

Et puis aussi celle-ci glanée chez Pascal, compagnon de mes dernières fermetures des tables d'hôte de IF.
"Le jour où j'aurai l'impression ne plus pouvoir reconstruire ma vie sera le premier jour de ma mort."
 

La démarche

TENTATIVE
DE
L'IMPOSSIBLE 

 

ACTS SPEAK

LOURDER

THAN

WORDS

 

Contact :

mapirle@gmail.com

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