"Persuadé qu'il n'est pas de vie morale possible pour qui n'est point docile aux voies souterraines ou se refuse à reconnaître la réalité des forces
obscures, a décidé une fois pour toutes, et au risque de passer pour un Don Quichote, un arriviste ou un fou, d'essayer, tant par ses actes, que par ses écrits, d'écarter les barrières qui
limitent l'homme et ne le soutiennent pas." René Crevel
Il y a un an j'organisais le contre sommet de la valentinobotomisation.
A force de faire le zouave, il faut assumer.
Cette année. Une Saint Valentin sans Valentine.
La dernière fois c'était en 1985
Cette année un ami se mariait
Ce 14 février.
J'étais invité.
J'ai hésité.
J'y suis pas allé.
La chanson supputée
Me semblait fort innapropriée
Au chateau et à ses invités
...A un mot près cela ressemble à du Jacques Brel.
Bien sûr, il y a les guerres d'Irlande
Et les peuplades sans musique
Bien sûr, tout ce manque de tendre
Et il n'y a plus d'Amérique
Bien sûr, l'argent n'a pas d'odeur
Mais pas d'odeur vous monte au nez
Bien sûr, on marche sur les fleurs
Mais, mais voir un ami se marier !
Bien sûr, il y a nos défaites
Et puis la mort qui est tout au bout
Nos corps inclinent déjà la tête
Étonnés d'être encore debout
Bien sûr, les femmes infidèles
Et les oiseaux assassinés
Bien sûr, nos cœurs perdent leurs ailes
Mais, mais voir un ami se marier !
Bien sûr, ces villes épuisées
Par ces enfants de cinquante ans Notre impuissance à les aider
Et nos amours qui ont mal aux dents
Bien sûr, le temps qui va trop vite
Ces métro remplis de noyés La vérité qui nous évite
Mais, mais voir un ami se marier !
Bien sûr, nos miroirs sont intègres
Ni le courage d'être juif
Ni l'élégance d'être nègre
On se croit mèche, on n'est que suif
Et tous ces hommes qui sont nos frères
Tellement qu'on n'est plus étonné
Que, par amour, ils nous lacèrent
Mais, mais voir un ami se marier !
J'ai un amour qui me traverse
J'ai un amour qui me saisit
J'ai un amour qui me renverse
J'ai un amour qui me ravit
J'ai un amour qui m'prend si fort
Du fond du cœur au feu du corps
j'ai un amour qui me dévore
j'adore.
Mais vlà ti pas qu'autour de moi
On commence à parler tout bas
On laisse entendre
On fait comprendre
Que ct' amour là n'est pour moi
Qu'il est trop si, qu'il est trop çà
Qu'il est pas comme il faut qu'il soit
Que ct'amour ne m'ira pas
Mais ça ne prend pas
J'ai mon amour et j'en décide
Qu'est ce qu'ils en savent
Qu'est ce qu'ils peuvent dire de mon plaisir
J'pourrai jamais faire à l'idée que l'amour
soit fait pour s'écraser
C'est lui que j'aime
Je sais ce que je veux
tant pis pour eux
J'ai mon amour et j'en décide
Qu'est ce qui'il en savent
Qu'est ce qu'ils peuvent dire
de mon plaisir
J'pourrai jamais faire à l'idée
que l'amour
soit fait pour s'écraser
C'est lui que j'aime
Je sais ce que j'veux
Tant pis pour eux
On s'est aimé
deux ans d'ivresse
On s'est aimé
On s'est serré.
On s'est donné tant de caresses
J'pourrai jamais les oublier
Puis alors que c'était si fort
Puis alors que c'était si bon
On a vu remonter du fonds les vielles chansons.
Les "je ne peux pas vivre sans toi"
Les "je ne suis rien hors de tes bras"
Les "avec qui es tu resté ?"
Les "avec qui as-tu parlé ?"
Fallait tout s'dire
Fallait s'nier
Fallait s'lier
Flaalit s'plier
J'ai senti que j'allais étouffé
J'me suis tailléé
J'ai plus d'amour et j'en décide
Crois pas que je ne te regretterai pas
J'suis pas en bois.
Mais je ne peux pas faire à l'idée
qul'amour soit fait pour m'écraser
que l'amour soit fait pour m'isoler,
pour m'enfermer
J'ai plus d'amour et j'en décide
Crois pas que je ne te regretterai pas
Je'suis pas en bois.
Mais je ne peux pas faire à l'idée
qul'amour soit fait pour m'écraser
que l'amour soit fait pour m'isoler, pour m'enfermer
Je dors toute seule
Tout est tranquille
Je dors toute seule
C'est pas la joie
Je dors toute seule
C'est pas facile.
mais je tiens tête et je me bats
Puis j'en ai eu marre
du cafard qui venait m'attendre le soir
Marre de craner
Marre d'en crever
Je me suis relevée
Je me suis relevée
pour regarder les beaux regards
des beaux gaillards
Les étourdir
Droit dans les yeux
Laisser venir
Ouvrir le jeu
Tant de douceurs insouprconnés
Tant de tendresse à s'avouer
Tant de saveurs à savourer
... J'voulais goûter
J'ai mes amours et j'en décide
A moi l'désir, à moi d'saisir
A moi d'séduire
J'pourrai jamais m'faire à l'idée
Qu'l'amour soit fait pour me manquer
C'est bien trop bon,
C'est bien trop gai
Pour s'en priver
(Quelques pas de Charleston... et on "enchaîne")
Quelques saisons quelques semaines.
Je tournoyais de bras en bras
Quelques saisons que j'me promène.
Et ca me me mène tout près de toi
D'abord on s'y attendait pas
Et puis voilà que cela dure des mois.
Des mois passés
sans se lasser
de s'enlacer
C'est si léger de m'éveiller
Jour après jour à tes côtés
On le sait bien ce qui nous tient
On le sait bien ne jure rien
On est déjà assez piégés
par des images toujours brisées
Alors maintenant
Je crois ce que je vois
je crois ce que j'ai.
Et c'est l'amour qui en décide
Bien sûr tout peut encore changer
Qu'est ce qu'on en sait.
J'pourrai jamais me faire à l'idée
que l'amour soit fait pour me coincer
Je veux aimer et être aimée en liberté
De toutes façons l'amour décide
Demain tout peut encore changer
Qu'est ce qu'on en sait.
J'pourrai jamais me faire à l'idée
que l'amour soit fait pour me coincer
Je veux aimer et être aimée en liberté
Texte originalMichel Gilbert et Jacqueline Rosenfeld,
Membres fondateurs du GAM (Groupe Action Musicale)
Le jeux concours du contre sommet de la valentinobotomisation a trouvé son gagnant.
Cette citation est extraite du livre Damage de Joséphine Hart qui a servi de base au film Fatale de Louis Malle.
« Je ne crains rien pour
me souvenir de moi-même »
Carlos Castaneda
"Il faut peu de temps pour se retirer du monde, pour se trouver une vie à soi.
Notre vérité profonde nous échappe. C'est bien au delà de la connaissance.
On cède à l'amour parce qu'il nous donne une certaine idée de l'inconnaissable. Rien d'autre ne compte finalement."
Je suis quasiment complètement d'accord avec cela. Pour conclure ce contre sommet de la valentobotomisation disons donc :
Il faut peu de temps pour se retirer du monde, pour se trouver une vie à soi. Notre vérité profonde nous échappe. C'est bien au delà de la connaissance.
Libérer l'amour dans notre vie nous donne une certaine idée de l'inconnaissable. Rien d'autre ne compte finalement.
Ben voilà, c'est fini, c'est la fin du contre sommet de la valentinobotomisation. J'ai bien conscience d'avoir été "un peu lourd" sur le thème...
Pour essayer de me faire pardonner j'offre un resto, un Mont Liban, (bien sûr) à la première ou au premier d'entre vous qui me retrouvera l'origine de la citation qui suit celle de
Castaneda.
Tu parlais d'explosion, effectivement, je me sens vibrer comme jamais je n'aurais pu imaginer.....revenir en force, sentir cette puissance, cette envie de
vivre cette putain de vie.....En vie d'exprimer, crier comme j'aime la vie et tout ce qu'elle me donne comme moments, monuments d'émotions.
Merci la vie de m'avoir donné la vie, renaissance, jouissance....bien évidement je dois canaliser toute cette énergie débordante...
Merci pour tes conseils, merci pour la lumière qui me guide a l'aurée du bois, c'est pas dans la légende du grand méchant loup....c'est juste mon
histoire....
C'est l'histoire d'un soir, putain qu'est ce qui faisait noir, je l'ai encore dans la mémoire...un mec fumant le cigare, écoutant des chansons de désespoir
m'a donné l'envie de me battre, je ne savais pas ou j'allais, mais j'y allais, là bas toujours plus bas mais toujours là, envie...la vie nous a séparé, juste le temps de nous renforcer et nous
laisse maintenant des moments de qualité....